Rendez-vous en septembre, je pars aux nouvelles, je retourne en 1608… mais je vous ai laissé de la lecture !

Publié le par Olga Forest





          Je viens vous annoncer mon départ. C’est un court et long voyage, mais il ne saurait être question de laisser les héros de l'Etrange Voyage seuls plus longtemps. Ils m’attendent, les uns à Tadoussac et les autres à Québec et on ne sait jamais ce dont ils seraient capables s’ils pensaient que je les ai  abandonnés.


       Les personnages sortis de notre imagination ont leur vie propre. Mais les inventons-nous vraiment ? That'is the question ? Ne viennent-ils pas plutôt d’eux-mêmes comme des feux follets lunaires pour éclairer notre lanterne ? En tout cas, ce sont des hôtes exigeants, capricieux, je dirais même fantasques. Ils sont nos reflets plus ou moins déformés. Ils condensent en eux seuls nos enfances, nos vécus et nos non-vécus.
Ils sont comme nos chats, ils nous mènent par le bout du nez, ils s’installent dans nos vies, au pied de nos rêves aussi bien que de nos manques. Ils font la patte de velours, ils nous flattent, mais ils griffent aussi parfois. Ils semblent attendre de nous les nourritures terrestres qu’ils sont venus chercher. A propos de chats, vous imaginez bien que celui de mon histoire est encore plus caractériel qu'aucun de ses congénères et pourtant "Le Chat" qu'il soit Botté ou jeune indien, me fait passer de délicieux moments et mes dialogues avec lui sont si savoureux que j'attends avec une très grande impatience de me retrouver à nouveau en sa compagnie.


        Il est vrai que l'auteur a l’immense responsabilité d'avoir un peu aidé ses personnages à faire le grand voyage qui mène à la page blanche. Mais  paradoxalement, une fois qu'ils sont là, et bien là,
nous autres pauvres auteurs sommes totalement incapables de décider pour eux comme nous aimerions parfois le faire. Avouons-le tout net, nous n’avons aucune prise sur ce qui peut arriver à nos héros, que ce soit en bien ou en mal. Nous  croyons trop souvent être leur maître... Quelle erreur ! Au mieux, nous sommes des amis illusoires, des ennemis aussi parfois, peut-être sans le savoir… Voilà un point dont je ne suis pas sûre… L’âme humaine a de bien vilains recoins où se cachent les mauvaises pensées et les intentions inavouables qui les accompagnent souvent… C’est sans doute à cause de cela que nos personnages se méfient de nous. Il n’y a qu’à voir comme ils nous échappent à la moindre incartade. Vous imaginez donc sans mal ce dont ils sont capables quand les abandonne !

 


            Il est vrai qu’ils sont apparemment infinime
nt fragiles, ce qui les rend très attachants. Nous avons toujours l’impression que ce sont un peu nos enfants, mais n’oublions pas que ce sont des enfants virtuels, donc immatériels. Pas question de s’en tirer en leur faisant un gros câlin, un bon gâteau, ou quelque cadeau réparateur. Nous sommes attachés à eux par un fil invisible, c’est d’ailleurs pourquoi il nous arrive souvent de le perdre. Et quand on a perdu le fil de son histoire, on est perdu soi-même. Eh bien, c’est justement à ce moment-là que nos personnages sont capables de nous manifester un attachement surprenant. Ils n’hésitent pas à nous rejoindre au fond de notre labyrinthe de mots en suspend et de situations indécises. Ils n'hésitent pas à venir nous chercher  au plus profond des plus sombres tunnels, là ou même un corbeau ne reconnaîtrait pas sa plume. Ils le font sans une seconde d’hésitation, malgré leur peur de l’obscurité. Et, au moment où on ne les attendait plus, ils sont là, souriants, heureux de nous venir en aide. Ils ramassent les morceaux de ce que nous avons été, pauvres petits papiers déchirés sur le sol, fichiers en débandades, dossiers vides de sens, « ctrl c » perdus à tout jamais, codes source ou plus personne n’aurait l’idée de venir boire, et documents multiples volant comme des chauves-souris qui se seraient fait des cheveux. Là, je pense à tout ce que Pierre notre grand Timonier roi de l’informatique a eu la bonté de m’apprendre, et à l’usage que j’en fais parfois ! Heureusement pour lui, il va pouvoir enfin prendre des vacances dans des pays lointains où j'aimerais un jour déposer quelques vieux rêves enfouis au fond de ma  mémoire.

       

        Pour en revenir à nos personnages aimés, savez-vous qu'ils iront jusqu'à faire la poussière sur notre clavier abandonné comme « Le vieux piano de la plage » que nous chantait Trenet. Ils guideront nos doigts qui s’étaient déjà engourdis et corrigeront les premières fautes de frappe. Normal, si l’on ne fait plus de gammes, on perd en vélocité, et on perd son temps. Je connais des auteurs, qui pourraient même être tentés  de   tout   abandonner ! Heureusement nos petits feux-follets veillent au grain. Ils se sont mis à nous aimer, presqu’autant que nous les aimons et peut-être même plus et ils feront tout pour nous le prouver


        Vous comprenez mieux maintenant, les raisons de mon départ ? Certes, j’aurais pu choisir des héros moins loin dans le temps et plus près de chez moi, mais j’aime les voyages même si je n’en fais plus beaucoup de vrais. A ce propos, oserez-vous me dire que ceux que je fais maintenant sont plus faux que les autres ? Mes personnages, eux, vous soutiendront mordicus que la fiction dépasse de beaucoup la réalité et ce n’est pas moi qui les contredirai…


        Demain donc, je pars, je retourne là-bas dans cette Nouvelle-France du dix-septième siècle ou j’ai passé plus d’une année avant de faire cet Etrange Voyage avec un certain nombre d'entre vous. Au passage je remercie ce certain nombre et les enfants bien sûr en priorité. Je les remercie tous une fois encore, de leur fidélité. Ils m'ont permis de réaliser un pari un peu fou et de tenir le coup. Ce fut un vrai parcours du combattant ! Peut-être un jour vous en parlerai-je pour vous faire rire un peu.


         Je vais enfin retrouver mon ami Champlain. Je m’en réjouis beaucoup. Figurez-vous que je me suis mise à l’aimer tendrement. Je lui pardonne son passé, ses mystères, et son acte de naissance envolé par-dessus les moulins… Je lui pardonne tout, s’il tant est qu'il y ait à son sujet des choses graves à pardonner, ce dont je ne suis pas sûre. Moi, je l’aime pour ce présent que je vis avec lui. Rassurez-vous, je n’en suis pas amoureuse, je n’ai pas assez d’imagination pour ce genre d’aventure.

 

 



         En septembre je serai de retour et je vous raconterai tout ce qui s’est passé depuis le 6 juillet. Je vous donnerai des nouvelles de ma jolie Fleur de Lune, du Chat, de Jean, de Marie la couturière, de sa cousine Uapikuan et de l’abbé François. Ils m’attendent avec impatience de l’autre côté du miroir, ils me l’ont fait savoir par l'intermédiaire de la Fée Sylvie. Elle prépare sa rentrée qui sera fracassante, là-bas dans son Québec-ami où l'été bat son plein, a grand coup de bains dans le lac... 


        Je vais devoir rencontrer Maikan le sorcier, il ne me fait pas peur, même s’il s’est introduit dans mon histoire, sans y avoir été invité, cela je vous le jure.
Quant à la Fée de Lune alias Agathe de Mallor, je n’en sais pas plus que vous à son sujet. Elle a surpris ma vigilance. Elle a fait très fort et maintenant, c’est moi qui dois la retrouver… cela fait partie des risques du métier !


        A mon retour, vous pourrez donc, si vous le désirez, continuer le voyage dans le temps avec nous. Vous vivrez semaine après semaine, la vie des émigrants de 1608, quatre cent ans plus tard, comme pour la traversée du « Don de Dieu » et la Fondation de Québec . Je dois vous prévenir qu’il vous faudra affronter ce premier hiver de la colonie, puis de graves problèmes avec les Iroquois… Voilà au moins un chose dont je suis sûre ! Comme quoi le roman historique présente de gros avantages, il comporte une trame dont aucun personnage, aussi farceur soit-il, ne pourra changer le cours…

       

        Avant de vous quitter, je dois quand même vous confier un secret. Vous ne le répéterez qu’à ceux qui voudront bien l’entendre : je ne sais pas plus que vous si Guillaume et Monsieur Hébertet seront au rendez-vous ! Qu’importe, je suis tout à fait capable de les chercher tous les deux jusqu’à la fin de mes jours, qui m’en empêche ? Il paraît que l’opiniâtreté est une des qualités des Capricornes.


        Rassurez-vous, je ne vous abandonne pas. Je vous ai laissé de la lecture et si ce blog et la Saga de Fleur de Lune vous ont plus, dites-le à vos amis et à leurs enfants, puisque ce site a été crée pour des parents accompagnés de leur progéniture, des parents qui leur lisent des histoires ou les lisent avec eux. Surtout n’hésitez pas à recommander aussi ce blog à ceux qui n’ont jamais voulu se prendre pour des adultes, on se comprendra bien  eux et moi !


        Enfin, n’oubliez pas d’encourager tout votre petit monde à faire de beaux dessins qui racontent en couleur un passage d’un des deux premiers tomes de l’Etrange Voyage de Fleur de Lune et de ses Amis. De merveilleux petits tableaux qui viendront s’ajouter à ceux de la galerie pour ce second concours franco-québécois déjà commencé.  Au fait si vous ne les avez pas encore vus, ces premiers dessin, allez donc y faire un tour, il suffit de cliquer sur le petit icône en haut de la page d'accueil. Je vous promets que vous ne serez pas déçus. 

 


              A bientôt ... je vous donnerai des nouvelles !

 

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