Sur les pas de Guillaume l'Iroquois... cinquième épisode...

Publié le par Olga Forest

Premiers chapitres en cours de remaniement. Merci de votre indulgence.... à très bientôt...  en attendant si vous ne l'avez pas encore lus ou si vous avez envie de les relire vous pouvez  embarquer pour les deux premiers tomes....                  

 

Vers le premier Tome " La traversée du Don de Dieu"


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préface                                                                                     page précédente



Pour ne pas l'inquiéter inutilement, le Chat n'avait pas parlé de "la voix" à Fleur de Lune, la première fois qu'il l'avait entendue, .


La seconde fois il n'en parla pas non plus, mais la raison était bien différente : il n’était pas très fier de lui.

Certes, il avait acquis la quasi-certitude que la Fée était vivante, puisqu'elle avait tenté de se mettre en contact avec lui. Mais pourquoi avait-elle contrefait sa voix ? Il ne trouvait pas de réponse à cette question et se reprochait, à juste titre, de n'avoir pas été assez perspicace.


Comment pourrait-il réparer une aussi grossière erreur ? Car c’en était une, il ne fallait pas se le cacher. Par deux fois, cette pauvre Fée avait tenté de l’apeller au secours… mais enfin, pourquoi ne lui avait-elle pas dit tout simplement :

- Je suis ton amie la Fée, viens me libérer.


Il n'avait pas tardé à se trouver des excuses... comme : tout ceci est bien trop compliqué pour l'humble chat du bord que je suis devenu... Déculpabilisé, il avait donc décidé d'attendre que son amie la Fée donne de nouveau signe de vie...


Et le temps passa une nouvelle fois, sans que la voix se manifeste. Le Chat finit par se dire qu'il aurait plus de chance en reprenant ses recherches pour retrouver Guillaume de Carabas… C'était quand même la raison de sa présence en Nouvelle France, en ce mois d'octobre 1608...


Sitôt dit, sitôt fait, il prit la ferme résolution de se remettre sérieusement sur la piste de celui qu’il appelait maintenant : "l’Iroquois"…


Certes, il avait d'abord pensé attendre le moment où Fleur de Lune, Jean et lui, rejoindraient enfin Champlain à l’Abitation de Québec. Il serait alors proche des tribus Iroquoises et donc à même d'en savoir plus sur l'endroit où pouvait se trouver Guillaume. Car il n'oubliait pas que le coureur des bois avant de mourir avait eu le temps de murmurer :

- Guillaume vivant...


Mais en attendant ce départ il pourrait quand même, malgré la délicatesse de ses sentiments, interroger  sa fiancée Uapicuan. Il se promit de le faire la prochaine fois qu'il irait lui rendre visite, dans son village là-bas au bord du Saguenay...  


Vers la fin octobre, M. de Champlain revint à Tadoussac chercher le matériel qui manquait pour finir la construction de l’Abitation. Il passa, comme d'habitude, la soirée avec Jean et Fleur de Lune.


Après avoir longuement parlé de l’avancée des travaux à Québec et de la bonne ambiance qui y régnait maintenant, on avait parlé, comme d'habitude de la disparition d'Agathe.

- Je sais bien, mon jeune ami, avait-il dit à Jean que vous ne pouvez pas aller plus loin dans vos investigations en restant à Tadoussac. C'est pourquoi j'ai cherché une solution et je crois bien l'avoir trouvée.

- Quelle solution ? demanda Fleur de Lune un peu inquiète.

- Je vous vois froncer les sourcils, chère demoiselle, et pourtant, répondit M. de Champlain, avec un sourire en coin… mon petit doigt me dit que cela pourrait bien vous plaire.


La fillette ne fut pas rassurée pour autant. N’eut-ce été l’absence de sa marraine et son angoisse de ne plus jamais revoir ses parents, elle était finalement très heureuse dans sa nouvelle vie. Que pouvait-on lui proposer de mieux ?


Après un petit moment de silence, pour juger de l'effet de ses paroles, M. de Champlain reprit :

- J’ai appris avec infiniment de plaisir, que vos liens avec Marie, notre couturière, se sont beaucoup renforcés. Je lui ai d’ailleurs rendu une petite visite aujourd’hui…


Fleur de Lune était sur des charbons ardents…

- Marie a une grande affection pour vous, chère petite Isabelle, continua M. de Champlain et vous méritez ses attentions. Nous avons parlé ensemble de votre marraine, qu’elle estimait beaucoup et de son enlèvement. A ce sujet, Marie m’a confié qu’il reste peut-être encore une chance de la retrouver en remontant vers le nord. Mais nous devons le faire le plus tôt possible, avant les premières neiges.  J’ai senti qu’il ne fallait pas insister, car manifestement, Marie ne pouvait pas m’en dire plus. En revanche, elle m’a assuré que sa famille était prête à nous aider.

Vous savez qu'il m'est impossible de m’éloigner de Québec le temps nécessaire à cette enquête. J’ai donc décidé d’envoyer Jean à ma place. Je sais qu’il est apprécié de tous, des autochtones, comme des marchands de Tadoussac.


Puis s’adressant à Jean qui avait rougi il ajouta :

- Vous êtes trop modeste, mon jeune ami. Vous êtes humain, intègre et honnête. Il est donc normal que vous soyez aimé de tous et pas seulement de notre charmante petite Isabelle et…. de cet adorable animal...


Le Chat plein de reconnaissance, gratifia son cher Grand Homme d’un regard tendre et d’un ronron tonitruant. Enfin, on pensait à lui ! Il était adorable !...

- On dirait qu’il comprend tout, remarqua M. de Champlain en regardant le Chat.

- Le « on dirait » est de trop, dommage ! siffla le Chat


Il était bien obligé d’admettre que son cher Grand Homme n’était qu’un humain comme les autres, avec des sentiments et des jugements d’humain...


Fleur de Lune avait rougi à son tour, lorsque  M. de Champlain avait fait allusion à ses sentiments pour le jeune officier. Mais elle se reprit rapidement et lança, en fixant le jeune homme droit dans les yeux :

- J’aime Jean comme un frère. Et j’apprécie sa grande bonté à mon égard.

- Ouh lalala ! remarqua le Chat, la petite commence de parler comme une vraie demoiselle du dix septième siècle ! Je ne la reconnais plus, les choses seraient-elle en train de changer. Le jeune et beau Shakaikan y serait-il pour quelque chose ?


Notre ami le Chat adore les histoires d’amour. Il en avait presque les larmes aux yeux.

- Ce chat est vraiment très amusant, fit alors remarquer M. de Champlain. Il marmonne en permanence. On pourrait presque penser qu’il parle. Quelle précieuse compagnie pour notre petite Isabelle… Hélas, il ne peut remplacer Jean !

- J’ai beau admirer beaucoup mon cher Grand Homme, ronchonna le Chat, parfois, il m’agace. Je la garde Moi, Isabelle, et plus qu’il ne croit... parce que Moi je sais des choses… des choses qu’il ne saura jamais, tout Champlain qu'il est... des choses qui changent tout !

En attendant, je me demande bien quelle est la solution soi-disant géniale qu’il a trouvée pour la garde de la petite...

A suivre…




                            


Quelle est cette solution géniale ?

Jean va-t-il partir vers le nord ?


Que va apprendre le Chat au sujet de Guillaume « l'Iroquois » ?


Vous aurez peut-être la réponse à vos questions  dans le prochain épisode qui arrivera mercredi 12 novembre....



Vers le premier Tome  de l'Etrange voyage de Fleur de Lune et de ses amis : "La traversée du Don de Dieu"...





  

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