Deuxième Episode


Résumé de l'épisode précédent :

Nous sommes le 13 avril 1608. C’est le départ du « Don de Dieu », le vaisseau affrété par Pierre Dugas de Monts et commandé par Samuel de Champlain. Ce dernier part pour fonder la colonie de Québec. Fleur de Lune et sa marraine la Fée transformées en passagères s’apprêtent à embarquer. Un charmant jeune officier vient les accueillir... Fleur de Lune est tout de suite conquise. Pendant qu’il les conduit vers leur cabine,  les événements qui ont mené à cette aventure extraordinaire lui reviennent en mémoire…  La veille, le Chat Botté était revenu la voir, comme quand elle était petite fille… Il lui avait demandé de l’aider dans une mission particulièrement difficile.  Il s’agissait d’une sorte de recherche généalogique. Faisant durer le plaisir, il lui raconte l’histoire d’une petite amérindienne ramenée en France avec les membres de sa famille par Jacques Cartier. Les amérindiens bien que très bien reçus par le Roi et la cour, succombent à nos maladies. Seule survivante, la petite fille est  adoptée par le marquis de Carabas, ami de ses parents. Il la baptise Elisabeth, l’éleve avec ses fils et bien entendu, il arrive ce qui devait arriver !

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Le Chat s’était tu un moment.  Il adorait laisser son public en haleine. Puis faisant semblant d’avoir un trou de mémoire il avait dit :

- Où en étais-je ? 

- Tu en étais au moment où  Marguerin était tombé amoureux d’Elisabeth, la belle et jeune indienne. 

Content de son effet, il avait repris son récit :

- Je continue donc… Le jeune Marguerin  était le frère du grand-père de mon maître, puisqu’il était le fils de son arrière-grand père. Ce qui veut dire qu’il était son grand oncle. Est-ce que tu me suis bien ? 

C’était vraiment très compliqué, mais, Fleur de Lune, pour ne pas vexer le Chat, avait répondu sans  grande conviction :

- Oui, oui, je te suis très bien. 

 Cela  avait fait rire le Chat ! 

 - Rassure-toi, j’ai sur moi  une copie de  l’arbre généalogique avait-il dit gentiment. 

 Heureusement la fillette avait appris par son père ce que cela voulait dire. C’est tout simple, on imagine la famille  comme un arbre avec des branches, on inscrit les noms des parents, frères, sœurs, grands parents, arrière grands parents, oncles, tantes, cousins.

- J’aimerais bien moi aussi en faire un, avait lancé Fleur de Lune.  J’espère que tu m’aideras ? 

- Pourquoi pas… avait répondu le Chat sans grand enthousiasme. Chaque chose en son temps. 

- Encore une promesse d’adulte avait pensé la fillette. Heureusement pour elle, ce dernier avait cessé depuis longtemps d’écouter les pensées de son interlocutrice.

- J’aimerais que tu cesses de m’interrompre à tout bout de champ dit-il grondeur. Toujours est-il que j’ai beaucoup travaillé sur cette recherche. Je me suis penché sur de vieux grimoires dans les archives de la famille de Carabas. Hélas, certains  documents ont disparu dans l’incendie du château.  Ce même incendie qui ruina mon maître. Mais revenons-en à ce qui nous intéresse aujourd’hui c'est-à-dire à Marguerin et Elisabeth.

- Je suis sûre qu’ils se marièrent et qu’ils eurent beaucoup d’enfants ! avait dit  Fleur de Lune les yeux brillants. »

- Ce ne fut pas si facile… avait répondu le Chat. Un fils  de marquis amoureux d’une « sauvage », fût-elle la fille d’un Grand Chef, ce n’était pas très bien vu dans la noblesse. Heureusement, le Marquis adorait sa fille adoptive, il appréciait ses qualités de cœur, son intelligence et sa beauté. Il pensa avec raison, que son fils ne trouverait jamais une meilleure épouse et respectant leur amour, il  donna sa bénédiction au mariage. 

- Bravo s’était écrié Fleur de Lune, en applaudissant. 

Mais le Chat une fois de plus l’avait un peu rabrouée :

- Hé !! Demoiselle, on n’est pas au spectacle ! Sans compter qu’il me semble t’avoir déjà demandé de ne plus m’interrompre… Je vais donc tenter de continuer…

  Marguerin et Elisabeth avaient décidé de partir pour la Nouvelle-France tout de suite après leur mariage. Elisabeth n’avait gardé qu’un lointain souvenir de son pays d’origine, mais son plus cher désir était d’y retourner. Hélas, il y eut, jusqu’au début du siècle suivant, beaucoup de problèmes dans le Royaume de France. La conquête de nouveaux marchés en Amérique du Nord fut reportée à plus tard. Elisabeth eu une vie heureuse auprès d’un mari qu’elle adorait et qui le lui rendait bien. Ils n’eurent qu’un enfant, un fils qu’ils appelèrent Guillaume, comme son grand-père, le marquis. Hélas Elisabeth était de santé fragile et mourut sans avoir revu son pays natal, mais elle avait fait promettre à Guillaume d’y retourner un jour.»

De grosses larmes coulaient sur les joues de Fleur de Lune, car le Chat en bon comédien n’avait pas ménagé ses effets. L’émotion de la fillette ne l’avait pas arrêté   dans son élan, bien au contraire, quand il reprit son récit, on se serait cru à la Comédie Française.

- Guillaume avait trente ans quand il put enfin tenir sa promesse. Il se joignit au premier  voyage de Duga de Monts et de Samuel de Champlain.  D’après mon Maître, il serait parti pour la Nouvelle-France sur le « Don de Dieu » le 13 avril 1608. Il donna de ses nouvelles au début, puis plus rien. Comme s’il n’avait jamais existé. 

Voilà !... Tu sais tout !... Notre mission étant de retrouver Guillaume nous allons  devoir nous joindre au voyage.  Nous devrons ensuite savoir s’il a eu des descendants. … nous ferons ainsi une véritable et passionnante recherche généalogique.

Il nous faudra donc remonter le temps et le redescendre comme les émigrants de 1608 ont descendu, puis remonté le Saint Laurent jusqu’à la mer.

Fleur de lune, avait applaudi une nouvelle fois en disant d’une voix nouée par l’émotion :

- Tu es vrai poète !... 

Le Chat avait savouré le compliment et fait le modeste… Après quelques minutes de réflexion, Fleur de Lune s’était écrié en sautant de joie :

- Je crois que j’ai une idée !...

- Tu vas réveiller toute la maison l’avait rabrouée le Chat, tu ne vois pas que je suis épuisé ! On verra cela plus tard ! 

Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il s’était  effondré  sur le lit de Fleur de lune. Puis il s’était couvert le visage de son chapeau à plumes, avait émis un énorme baillement et s’était endormi profondément. Quelques secondes plus tard il ronflait, il ronflait si terriblement fort que Fleur avait pensé :

- Cette fois-ci, les parents vont sûrement se réveiller.


Mais rien n’avait bougé  dans la maison. Le Chat et la Fée semblaient n’exister que pour elle. Exactement comme lorsqu’elle était petite…

 

 



Quel était l’idée géniale de Fleur de Lune ?

Comment arriveront-ils à remonter le temps ?

Vous le saurez peut-être par la prochaine bouteille à la mer qui arrivera le 17 avril...



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