Dix-septième épisode


Résumé du chapitre précédent :

M. de Champlain fait un peu enrager Fleur de Lune au sujet des dangers de la navigation. Mais elle a surtout peur que Jean soit blessé. Elle appréhende  son départ. M. de Champlain la rassure en lui expliquant que le « Don de Dieu » ne peut descendre la Saint-Laurent jusqu’à Québec et qu’il faudra construire un barque à Tadoussac ! Ils resteront donc ensemble plus longtemps. La fillette est un peu vexée qu’on ait allusion devant toute la tablée à l’attirance qu’elle a pour le jeune homme. Heureusement celui-ci prend sa défense ! Ensuite on a  beaucoup parlé des autochtones et de leurs coutumes et de l’amitié que leur porte le capitaine. Fleur de Lune finit par s’endormir sur l’épaule de Jean,


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Le lendemain matin, « 15e jour de mai », comme dit M. de Champlain, Fleur de Lune se leva à l’aube. Elle ne voulait rien rater du spectacle.

Jean lui avait expliqué qu’ils allaient entrer dans un secteur où il y avait toujours en cette saison beaucoup de bateaux de pêche.

Au cours de cette longue traversée le fillette avait eu l’impression, chaque jour un peu plus, de  voyager au cœur d’un grand livre d’histoire. Tout semblait si réel…  plus besoin d’ordinateur, de souris, de console de jeux ou autre appareil électronique, elle avait sous les yeux tout ce qu’il faut pour comprendre cette merveilleuse aventure de la fondation de Québec et elle avait l’immense privilège de faire ce voyage en compagnie de Samuel de Champlain et de ceux qui contribuèrent à sa réussite.

Chaque jour, elle apprenait à mieux connaître ces émigrants, riches ou pauvres, qui allaient bientôt constituer la nouvelle population de ce grand pays où ses parents avaient choisi de vivre.

Elle était devenue une vraie « pionnière de la Nouvelle-France ». Elle garderait toute sa vie une immense reconnaissance envers sa marraine et le Chat Botté qui lui avaient permis de participer à cette aventure extraordinaire...  

 

Une fois prête, elle partit retrouver Jean et M. de Champlain sur le gaillard d’avant, ils avaient l’air soucieux.

- Bonjour, petite sœur. Vous êtes tombée du lit ? dit Jean.

- Je ne voulais pas rater cette journée, répondit-elle, mais que se passe-t-il ?

- Regardez tout là-bas dans la brume vers les bateaux.

- Je ne  vois rien de particulier, à part un grand rocher blanc, répondit-elle après avoir écarquillé les yeux. C’est curieux,  on dirait qu’il avance vers nous. 

- Votre rocher blanc est un iceberg, répondit M. de Champlain. Et vous ne vous  trompez pas, il avance, et même très vite.

Il y a un fort courant froid ici, c’est lui qui nous amène la brume. Cet iceberg   remonte vers le nord avec les autres. On en rencontre  en permanence dans ces parages et ce, jusqu’au mois de juillet. Plus on avance dans la saison, moins il y en a bien sûr. C’est très dangereux pour la navigation, une collision  peut être fatale.

Fleur de Lune se mordit les lèvres pour ne pas faire allusion au Titanic qui n’existerait que dans trois siècles…

- Pouvons-nous encore en rencontrer d’autres d’ici notre arrivée ? demanda Fleur de Lune.

- Ce n’est pas impossible, répondit M. de Champlain,  ils longent la côte tout comme nous. Nous naviguons, eux dérivent. Cela fait partie de la traversée. Regardez tous ces bateaux autour de nous,  ils continuent de faire leur pêche, comme si de rien n’était, ou presque.

Tant qu’il y a du poisson, il ne saurait être question de s’arrêter ?  Parfois même, ils travaillent nuit et jour. Ils ont l’habitude des glaces et savent ce qu’il faut faire. Ils viennent pêcher ici chaque année.

- Mais c’est quoi au juste le Grand Banc ? demanda Fleur de Lune. Je ne vois que la mer à perte de vue. Je croyais que nous allions arriver sur une grande bande de terre comme une île et voir les côtes de Terre-Neuve. 

- L’île de Terre-Neuve, nous ne la verrons pas avant une semaine, à moins que la brume ne se lève. Elle nous indique que nous approchons de cette immense plate-forme où nous nous trouvons à présent.

- C’est ce que l’on appelle la plate-forme continentale,  à l’école, nous étudions la géographie…

Fleur de Lune s’arrêta net devant le visage étonné des deux hommes.

Heureusement, la Fée qui les avait rejoints intervint :

- Ma filleule veut dire qu’elle a appris cela avec son précepteur, c’est ce qu’elle appelle aller à l’école. Ce jeune homme veut être géographe, il lit beaucoup et est à la pointe des découvertes actuelles. Il a des théories très personnelles, novatrices même et je dois avouer qu’il nous apprend des choses très intéressantes. J’avoue suivre moi-même ses leçons avec le plus grand intérêt.

Fleur de Lune en tremblait encore. C’était une des plus grosses gaffes qu’elle ait pu faire,  depuis le début de la traversée. La Fée était arrivée à temps comme toujours ! C’est quand même  très utile d’avoir une fée pour marraine.

- Cette jeune génération m’étonnera toujours, dit M. de Champlain un peu moqueur. Nous autres pauvres marins et cartographes,  nous ne connaissons que notre sonde. Quand elle annonce 50, 40 ou 30 brasses nous savons que nous sommes rendus sur les fonds les plus bas du Grand Banc. Quant aux pêcheurs ils disent qu’ils sont banqués.


 A suivre…




L’iceberg va-t-il se trouver sur la route
du « Don de Dieu » ?

Fera-t-il courir un réel danger au vaisseau de M. de Champlain ?

Les naufrages sont-ils nombreux à cet endroit ?

Vous trouverez peut-être lé réponse à ces questions dans la prochaine bouteille à la mer qui arrivera le 17 mai…




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