Onzième épisode


Résumé du chapitre précédent :

Fleur de Lune et Jean restent au chevet du jeune marin blessé. Ils lui donnent la potion que la Fée a préparée pour lui et il finit par s’endormir, apaisé. Pendant ce temps la Fée s’est rendue auprès de Bonnerme, le chirurgien du bord. Sa jambe est cassée, mais elle  le soigne comme un vrai médecin. Le chirurgien est très étonné d’être bientôt sur pied. Il interroge la Fée sur les préparations dont elle se sert et aimerait bien en savoir davantage et surtout les posséder lui aussi. Mais La Fée ne livre pas ses secrets pour autant.


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Le Chat dormit jusqu’au petit matin et ne mit une moitié de nez dehors que lorsque tout lui parut être rentré dans l’ordre.  Il n’avait aucune envie de se faire envoyer au diable une nouvelle fois. Pour être honnête, il redoutait surtout, quelques  coups de savates de marins affairés. Car ils étaient très occupés et couraient dans tous les sens pour remettre en état au plus vite le bateau. La tempête avait fait beaucoup de dégâts.

Le Chat   se faisait quand même  du soucis pour la Fée et pour Fleur de Lune, bien qu’il les  appela maintenant : les « deux ingrates ».
 

Il décida donc d’aller aux nouvelles et pour ce faire, il se dirigea vers la cabine arrière. Il arriva juste à temps pour assister à une scène émouvante qui lui fit oublier  un moment sa rancœur.

Sur le pont supérieur, les passagers venaient les uns après les autres remercier  M. de Champlain, de les avoir brillamment sortis d’un bien  mauvais pas.

Le Chat s’approcha pour mieux entendre la réponse du capitaine :

- Sans le dévouement et le talent de l’équipage, je n’aurais rien pu faire. 

Le Chat fut admiratif devant la modestie et l’honnêteté du « Grand Homme ». Mais, imaginez son étonnement quand il le vit prendre galamment la main de la Fée, en disant :

- Je ne sais comment vous remercier, chère Madame, sans vous nous aurions été bien démunis. Nous sommes fiers d’avoir à  notre bord une personne telle que vous. Malgré les recommandations qui vous étaient faites, vous n’avez pas hésité à prendre le risque d’être emportée par une déferlante, pour secourir notre marin blessé. Quant au chirurgien, il  ne jure plus que par vous.

-  Mais je n’ai fait que mon devoir, répondit modestement la Fée et ma filleule m’a  fort bien secondée. J’en suis très fière d’elle. »

 

L’étonnement du Chat fut à son comble, quand le « Grand Homme » prit Fleur de Lune dans ses bras et la souleva de terre en disant avec tendresse et admiration:

- Chère petite Isabelle, vous avez été très courageuse. J’ai rarement vu une aussi jeune personne capable de rendre autant de services. Votre marraine et vous, méritez l’estime et les félicitations de tous ! Puis-je vous dire combien nous sommes heureux de vous compter parmi nous.

Puis il  ajouta avec un petit sourire entendu :

- On  m’a rapporté  que certains s’étaient plaints de la présence parmi nous d’une fillette de votre âge. Je doute qu’ils considèrent les choses de la même façon maintenant. Cette fois, vous êtes vraiment des nôtres. »

Fleur de Lune reçut cette pluie de compliments avec délectation, tout en gardant une attitude modeste. Mais, elle fut au comble du bonheur quand Jean se courba devant elle et dit en lui baisant la main, comme à une dame :

- Ma sœur adoptive est merveilleuse.

 

- Ca ne lui passera jamais cette histoire de sœur ! pensa Fleur de Lune qui fut, une nouvelle fois,  impatiente de grandir… »

 

Après cette scène, le Chat, rempli d’émotion, eut une folle envie de participer à la fierté générale. Il aurait voulu crier, haut et fort, qu’elles étaient toutes deux sur ce vaisseau grâce à  lui.

Mais un chat ordinaire n’est pas censé faire autre chose que miauler et il n’osa pas de peur de se faire chasser. Tout juste ronronna-t-il très fort pour marquer sa participation. Puis il vint se frotter contre les jambes de Fleur de Lune qui poussa un cri de joie en le voyant, au grand étonnement de l’assistance.

-  Regardez, Marraine, le Chat est revenu,  que je suis contente s’écria-t-elle

- Notre petite Isabelle adore les animaux, dit la Fée. Tout comme moi. 

Elle alla caresser le Chat à son tour et lui dit à l’oreille.

- Nous avons à parler, mais ne pouvons le faire ici, accepteras-tu de nous suivre jusque dans la cabine ?

Puis s’adressant à l’assistance elle dit :

- Vous voudrez bien nous excuser, mais la nuit fut rude et nous devons maintenant prendre un peu de repos. 

Elle prit le Chat dans ses bras et ajouta :

- Isabelle a bien gagné le droit d’inviter son nouvel ami dans nos appartements.

 A suivre…





Le Chat va-t-il enfin pardonner à Fleur de Lune et à la Fée de l’avoir oublié le premier jour ?

Leur confiera-t-il de ce qu’il a découvert en écoutant parler les marins ?

La traversée va-t-elle pouvoir continuer plus sereinement ?

Vous trouverez peut-être la réponse dans la prochaine bouteille à la mer qui arrivera le 5 mai…



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