Quatorzième épisode


Résumé du chapitre précédent :

Quand Fleur de lune se réveille elle est très heureuse de retrouver son ami le Chat. Mais, celui-ci  est loin d’avoir pardonné. Il attend des excuses qui tardent à venir et son agressivité envers la Fée n’arrange pas les choses. Fleur de Lune tente de raisonner ses deux amis. La Fée fait maladroitement des  excuses au Chat qui ln'apprécie pas du tout! Alors, pour l’embêter, il annonce qu’il sait depuis longtemps la raisonpour laquelle Guillaume n’est pas sur le bateau et aussi pourquoi il y a  peu de chance qu’il soit encore à Tadoussac.


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La Fée
revint au bout d’un bon quart d’heure. Fleur de Lune attendait avec impatience que le Chat veuille bien continuer.

- Dis-nous vite ce que tu sais, s’il te plaît, implora la fillette. Nous sommes sur des charbons ardents, comme dirait mon Grand-père.

 

Le Chat tout en pensant que le grand-père de Fleur de Lune avait décidemment un vocabulaire imagé,  fit mine d’hésiter encore un moment...

A vrai dire, il savourait sa revanche, il fit alors semblant d’éternuer, se gratta le nez, puis passa la patte derrière ses oreilles en disant finement :

-  Il va bientôt pleuvoir. 

-  Une autre tempête peut-être ? persifla la Fée. 

-  Peut-être, lança le Chat qui s’amusait beaucoup…

- Tu n’es vraiment pas gentil ! dit alors Fleur de Lune qui ne cachait pas sa déception.

Cette phrase fit l’effet d’une bombe.

- Pas gentil, moi ? Je me tue à récolter des renseignements. Je m’inquiète de vous dans la tempête. Je suis  presque prêt à pardonner vos traîtrises  et je ne suis pas gentil ?

- Non, tu es rancunier, répondit Fleur de Lune.

- Peut-être ! bougonna  le Chat.

- Pourtant tu sais bien que nous t’aimons très fort, dit Fleur de Lune les larmes aux yeux.

Comme nous le savons, le Chat ne supporte pas de voir pleurer un enfant et encore moins sa chère petite Fleur de Lune, qui d’ailleurs, pleure un peu facilement…

Il se radoucit donc instantanément.

- Pour toi, je vais faire un effort lui dit-il gentiment tout  en continuant d’ignorer volontairement la Fée… J’ai entendu des marins parler d’un noble métis parti retrouver sa famille indienne… 

Le Chat s’arrêta une nouvelle fois pour juger de l’effet qu’avaient fait ses paroles sur ses interlocutrices.

- La suite, s’il te plaît, implora une nouvelle fois Fleur de Lune. 

- C’est bien pour te faire plaisir… dit le Chat en poussant un énorme soupir. Je continue donc : les  marins auraient bien  rencontré  Guillaume sur le « Don de Dieu ». Jusque-là, nous sommes d’accord, mais  voilà, il ne s’agissait pas de la traversée que nous sommes en train de faire, mais d’une autre, bien avant !

- On s’en était douté, remarqua la Fée, qui commençait à perdre patience. 

Le Chat fit semblant de n’avoir pas entendu la remarque et s’adressant toujours à la fillette, il  reprit :

-  Dugas de Monts s’est embarqué pour la première fois,  en 1600, je crois.  Guillaume serait donc déjà parti depuis huit ans.  Comme vous pouvez le constater nous avions le bon bateau, mais pas la bonne date ! Dommage !

Prenant l’air faussement modeste, le Chat attendit les réactions de son auditoire. Elles ne tardèrent pas à venir !

- Tu m’en diras tant, dit la Fée, et tu sais cela depuis longtemps ? 

- Depuis le deuxième jour, répondit le Chat de plus en plus narquois, mais vous étiez tellement occupées… Je n’allais pas vous courir après dans tout le bateau, au risque de me faire chasser comme le vulgaire matou que je suis devenu. Et comme vous n’aviez pas l’air de trop me chercher… 

Le Chat tenait sa revanche, sans compter qu’il gardait encore secrets  les détails de ce qu’il avait appris sur Guillaume et  d’autres informations glanées par-ci par-là. Après tout, ces  « traîtresses »  n’en méritaient pas plus !

- Tu es content de toi, demanda la Fée. 

- Assez ! répondit le Chat, le regard en dessous. Il y a de quoi, non ?

- Puisque c’est comme cela, nous sommes quittes, lança la Fée. C’est regrettable car j’avais moi aussi quelques informations à te communiquer. Elles attendront que nos rapports soient meilleurs. J’ai besoin de prendre l’air, je vais un moment sur le pont. 

Une fois la Fée sortie, Fleur de Lune alla vers le Chat.

- Nous avons tant de choses importantes à faire ensemble, pourquoi se faire la tête ? dit-elle tendrement. 

Le Chat et Fleur de Lune discutèrent un moment.

 

Fleur de Lune était si contente d’avoir retrouvé son ami. Elle lui expliqua qu’il devait le respect à la Fée, d’abord parce que c’était une dame et ensuite une Fée et  aussi parce que sans elle, ils ne seraient certainement pas arrivés à remonter le temps.

- Tu ne m’as pas demandé si je saurais le faire, que je sache !  Tu as profité de mon sommeil pour tout organiser sans moi avec  la Fée. Mais je veux bien me réconcilier avec elle à condition qu’elle reconnaisse aussi ses torts.

- Elle est tout à fait prête à le faire, mais tu ne lui en as pas laissé le temps, répliqua Fleur de Lune.  De plus, ton attitude  ne lui a peut-être  pas donné envie de te supplier non plus. Grand-mère dit toujours qu’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.

- Ta famille aime décidemment  beaucoup les proverbes à ce que je vois ! dit le Chat. Bon, je te promets de faire un effort…


 A suivre…





La Fée et le Chat vont-il enfin finir par
se réconcilier pour de vrai !

Va-t-il rester avec ses deux amies ou retourner dans l’entrepont avec ses amis marins et le jeune cuistot ?

Arriveront-ils sans encombre au Grand Banc de Terre neuve ?

Vous trouverez peut-être la réponse dans la prochaine bouteille à la mer qui arrivera le 11 mai…



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