Quinzième épisode


Résumé du chapitre précédent :

Le Chat et la Fée, après une discussion très animée, semblent s’être réconciliés. Le Chat accepte enfin de raconter ce qu’il sait au sujet de Guillaume. Ce dernier serait parti avec Dugas de Monts en 1600. Il est donc depuis huit ans en Nouvelle-France. La Fée est très fâchée contre le Chat qui leur a caché cette importante information. Elle sort pour éviter de se mettre en colère ! Tandis que Fleur de Lune calme le Chat en lui promettant des excuses et en l’assurant de la tendresse qu’elle et sa marraine ont pour lui.


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Quand la Fée rentra de sa promenade, elle alla tout de suite vers le Chat et lui dit avec tendresse :

- Excuse-moi pour ma nervosité de tout à l’heure. Tu avais raison de nous en vouloir, mais maintenant nous devons oublier tout cela. Je te prie, une nouvelle fois, de bien vouloir nous excuser pour le premier soir. Je sais que tu as été très malheureux et que t’es senti abandonné. Mais je t’assure que nous t’aimons beaucoup. Crois-moi,  tu nous a manqué pendant tout ce temps où tu es resté dans ton coin. »

 

Le Chat ému ne répondit pas, il n’en pensa pas moins que cela ne s’était pas beaucoup vu ! Mais l’heure étant aux réconciliations, seul un petit éclair ironique passa dans ses yeux d’or.

- Alors nous allons le garder avec nous maintenant, demanda Fleur de Lune,  il ne retournera plus dans cette horrible cale ?

- Tu ne me demandes pas mon avis ? Intervint vivement le Chat. J’ai l’impression que tu ne m’as pas bien écouté hier soir. Il ne saurait être question que j’abandonne mon poste et mes amis. » 

 

Puis se radoucissant, après un temps de réflexion, il ajouta conciliant :  

- Je veux bien venir me reposer chez vous. Je veux bien, aussi, venir vous rendre visite dans votre cabine puisque c’est le seul endroit où je puisse parler au lieu de miauler.  Mais cela s’arrête là !

A propos, vous imaginez la tête de mon ami le jeune cuistot, des marins et de votre ami Jean, sans parler de l’illustre Monsieur de Champlain, si tout à coup, leur chat, le chat du bord, se mettait à engager une conversation « entre hommes ». J’en ris rien que d’y penser. J’en ris à me tenir les côtes comme dirait mon maître le marquis de Carabas…

 

Joignant le  geste à la parole, le Chat  se roula par terre de rire, en se tenant les côtes avec les pattes de devant. Fleur de Lune applaudit.

- Excuse-moi, le Chat, je ne voulais pas te vexer, dit-elle. Je sais bien  que tu dois continuer ta mission et que tu es fidèle en amitié. Mais sache que tu seras le bienvenu et  que tu pourras venir coucher ici chaque fois que tu le voudras.

- Voilà qui est raisonnable dit le Chat très grand seigneur. Je vais enfin reprendre mon rôle de chat du bord.

 

Et, tout en chaloupant,  comme les  matous du port, il se dirigea vers la porte. Il avait hâte de retrouver l’entrepont, les marins,  et surtout son copain le cuistot là-bas dans la cambuse… car, disons-le tout net,  il avait une faim d’ogre!

 

La traversée suivit son cours, presque monotone, avec une alternance de beau et de mauvais temps. Il n’y eut plus de grosse tempête et personne ne s’en plaignit.

Un soir, Monsieur de Champlain vint se joindre au dîner des émigrants.

- Chers amis, dit-il joyeusement, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Si tout va bien, nous ne tarderons pas à arriver au Grand Banc de Terre Neuve qui se trouve à 45°30 de latitude. Il y a des signes qui ne trompent pas. Nous avons vu passer certains oiseaux qu’on trouve là-bas et  la couleur de l’eau a beaucoup  changée, ce qui est une bonne indication.  Si nous pouvons  continuer de cingler toutes voiles dehors comme ces derniers jours, nous y serons demain. »

 

Les passagers  étaient tous très impatients d’arriver dans ce Nouveau Monde qui les avait tant fait rêver.

Hélas, il n’en était pas de même pour Fleur de Lune. La nouvelle annoncée par le Capitaine ne l’avait pas mise en joie, bien au contraire. Ses yeux s’étaient embués de larmes à l’idée d’être bientôt séparée de Jean.

- Dans combien de temps serons-nous à Tadoussac,  demanda-t-elle d’une voix blanche. 

- Dans environ deux semaines, si tout va bien, si nous ne sommes pas attaqués par des pirates et si notre navire ne s’est pas brisé sur un récif  ou cours d’une tempête, répondit M. de Champlain.


 A suivre…





« Le Don de Dieu » échappera-t-il aux pirates et  contournera-t-il les récifs ?

Quels sont les projets de M. de Champlain ?

Fleur de Lune sera-t-elle bientôt séparée de son ami Jean ?

Vous trouverez peut-être la réponse dans la prochaine bouteille à la mer qui arrivera le 13 mai



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