Septième épisode


Résumé du chapitre précédent :

Le Chat est terriblement fâché contre la Fée et Fleur de Lune de ce qu’elles l’aient oublié.  Il prend la décision de continuer seul sa mission ! En écoutant une conversation de marins, il apprend la raison pour laquelle Guillaume n’est pas sur le bateau. Ce dernier  serait parti avec Dugas de Monts à son premier voyage vers la Nouvelle France. Il aurait vécu avec les colons de Port Royal, mais il  aurait refusé de rentrer au pays quand les survivants du terrible hiver durent quitter la colonie. Il semble qu’on n’ait plus aucune nouvelle de lui ! Le Chat fier de son enquête s’installe dans sa nouvelle vie et se fait un ami du jeune cuistot…


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Le Chat bouda pendant de longs jours. Cela ne l’empêcha pas de découvrir les plaisirs de la chasse aux rats et aux souris. Il prit même quelques kilos, malgré tout le sport qu’il faisait.

Il avait quand même bien le droit de se reposer après toutes ces années de disponibilité et de sacrifices pour son maître. Il se sentait enfin libre et heureux dans sa nouvelle vie.

Il avait profité de ce temps de bouderie pour se faire des amis parmi les marins. Il s’était découvert, par la même occasion, des dons de comédien et faisait forces pitreries, comme on disait en ce temps-là.

Il n’avait pas son pareil pour grimper dans les haubans, au risque de se rompre le cou. Il lui arrivait même de monter dans la dunette. S’il avait osé, il aurait  emprunté sa longue vue au marin de quart ! Peut-être  était-ce pour voir plus loin que le bout de son nez !

Tout en s’amusant,  il avait appris beaucoup de choses sur les marins, les passagers et Samuel de Champlain. Bien plus qu’il ne l’aurait imaginé. En tous cas, il ne s’était  jamais autant amusé de toute sa vie !

Par moment il regrettait presque d’être le Chat Botté et de devoir continuer sa mission. Il aurait  préféré être un chat ordinaire, dénué de sens de l’honneur. Il pensa même abandonner définitivement sa vie de château ! Il avait enfin trouvé sa vocation ! A l’avenir, il ne désirait plus qu’une chose : être tout simplement un chat du bord…. sans bottes de sept lieux.

 

Les premiers jours, la Fée et Fleur de lune s’étaient beaucoup inquiétées de l’absence  du Chat. Elles connaissaient toutes deux son mauvais  caractère, mais, elles n’auraient jamais imaginé qu’il puisse bouder si longtemps.

Elles  s’étaient renseignées auprès des marins, car elles avaient craint qu’il ne lui soit arrivé malheur. Elles avaient appris avec soulagement que  le chat était bien vivant et qu’il avait  conquis  tout l’équipage par sa drôlerie !

 Sachant le Chat Botté plutôt grincheux, elles avaient demandé s’il n’y avait pas un autre chat à bord. Il leur avait été répondu qu’il n’y en avait qu’un et la description qu'on leur en avait fait ne laissait  aucun doute. 

Le Fée  de son côté, décida de prendre son mal en patience, d’autant plus qu’elle l’avait aperçu à plusieurs reprises. Mais à chaque fois il disparaissait en un clin d’œil.

De toute évidence son ami le Chat la fuyait. Elle attendit donc sagement  la fin de cette fâcherie.

Quant à notre amie Fleur de Lune, elle passait plus d’heures à se regarder dans le miroir, à se coiffer et à choisir ses tenues, qu’à  se demander où son ami le Chat avait bien pu se cacher. Après tout il  n’avait qu’à cesser de  bouder.

 

Les journées passaient comme dans un rêve.

Aux repas, les conversations étaient toujours aussi passionnantes, surtout quand Monsieur de Champlain y assistait.

Il racontait ses découvertes, il décrivait les caps, les îles, les rivières,  et ce   fleuve qu’il appelait « la grande rivière » et auquel les français avait donné le nom de Saint Laurent.

Monsieur de Champlain parlait aussi de chasse, ce qui ne plaisait pas vraiment à Fleur de Lune. Mais  elle avait  vite compris  qu’à cette époque et dans ce pays, c’était le seul moyen de se nourrir et de pouvoir amasser des réserves de viande et de poisson séché pour l’hiver. On n’avait pas encore inventé les supermarchés !

La conversation était vraiment très intéressante, mais les plats étaient, il faut bien le dire, de moins  en moins bons.

Fleur de Lune n’aimait pas beaucoup les salaisons et elle avait du mal à s’habituer au poisson. Elle faisait donc, comme aurait dit sa grand-mère, contre mauvaise fortune bon cœur. On était loin des délicieuses recettes de Maman…

Maman, là-bas dans la maison au bord du lac... Maman qui savait faire de gros câlins, comme quand elle était petite… Maman, à qui Fleur de Lune pouvait raconter ses joies, ses peines et  ses enthousiasmes… Maman qui lui lisait ou mieux encore, lui inventait des histoires. Maman qui aimait les enfants,  la nature et les animaux, la vie quoi ! Maman qui se passionnait pour une foule de choses follement intéressantes et qui lui faisait toujours partager ses découvertes.  Maman toujours prête à aider tout le monde et qui avait beaucoup d’amis. Maman toujours disponible, malgré son travail…

Toutes ces mamans en une seule lui manquaient par moment terriblement !

Et Papa ? Qu’aurait-il pensé de sa fille chérie s'il avait su où elle était  ! Il aurait sûet ce qu'elle faisait en ce moment. Il aurait sûrement  été très fier d’elle, elle en était sûr. Peut-être aurait-il été juste un peu jaloux de Jean. Les pères en général  trouvent souvent des défauts aux garçons qui plaisent à  leur fille, tout le monde sait cela !

Papa lui manquait tellement, lui aussi !

Au début, quand ils s’étaient installés au Canada tous les trois, elle était encore petite. Papa avait fait le choix de prendre ce qu’on appelle des années sabatiques. Maman était contente, comme ça elle  pouvait  se consacrer à son travail. Les gens disent que c'est  un "Papa-poule". Fleur de Lune pense plutôt qu'un Papa c’est un papa, avec ses qualités d’homme et sa tendresse d’homme. Et ce papa-là en avait revendre, de l’une et de l’autre! Fleur de Lune en avait donc bien profité.

Souvent elle pensait à sa vie de petite fille heureuse, tellement heureuse ! Bien sûr, elle n’était pas seule ici, sa marraine la Fée lui donnait toute la tendresse du monde … mais des parents ça ne se remplace jamais tout à fait !

Alors, les jours de trop grande nostalgie, Fleur de Lune se cachait pour pleurer toutes les larmes de son corps. Chacun sait  que les larmes, sont une jolie façon de nettoyer son âme… et  quand l'âme  est propre, il paraît qu’elle respire mieux….

Parfois, pour se consoler la fillette  pensait à Jean. Il était  tellement aux petits soins pour elle et pour sa marraine. Il lui apprenait tant de choses et il savait aussi  raconter des histoires !

Ces jours-là, comme par miracle, le petit cœur de Fleur de Lune tout transi de tristesse, se réchauffait un peu…

 

A suivre…





Quand le Chat cessera-t-il donc de bouder ?

Va-t-il recueillir de nouvelles informations ?

La mer et les vents continueront-ils d’être favorables ?


Vous trouverez peut-être la réponse dans la prochaine bouteille à la mer qui arrivera le 27 avril…



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