Vingt-deuxième épisode


Résumé du chapitre précédent :

Fleur de Lune répond aux questions de sa marraine. Elle se prend au jeu de plus en plus et raconte l’histoire de la Famille d’Isabelle comme s’il s’agissait de la sienne. On apprend que son arrière grand-père était protestant et qu’il avait pris le parti d’Henri IV. Il est mort pendant les guerres de religion. Fleur de Lune est bouleversée…


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Sur le lit de Fleur de Lune, le Chat faisait ce qu’il appelait un petit somme, disons plutôt, qu’il dormait comme un bienheureux.

En entendant arriver la fillette et sa marraine, il ouvrit un œil et puis deux et bailla à se décrocher la mâchoire.

- Nous serons à Tadoussac dans environ une semaine,  dit-il  en s’étirant. Vous le savez sans doute déjà.  Notre vrai travail va commencer. Nous allons enfin pouvoir rechercher  Guillaume de Carabas. Ces derniers temps j’avais un peu  l’impression qu’on l’avait  oublié, vous ne croyez pas ? 

- Que voulais-tu que l’on fasse ? Il n’était pas sur le bateau et apparemment, à part tes copains marins, personne n’en a jamais entendu parler, répondit Fleur de Lune. Elle  trouvait le Chat bien énervé pour quelqu’un qui venait  juste de se réveiller. 

- Ce n’est pas une raison, dit le Chat avec une parfaite mauvaise foi. A propos, puis-je savoir en quoi vous comptez me transformer quand nous serons arrivés ? Un chat du bord, sans bord « ça fait pas net », comme dirait Mlle Fleur de Lune. 

- Pour le moment tu pourrais devenir un chat domestique, par exemple, répondit la Fée. Tu aurais un peu plus de confort et de meilleures fréquentations. Certes tu n’aurais toujours pas de dentelles ni de bottes ni de chapeau à plumes. En revanche, tu aurais des câlins. J’ai l’impression que tu y as pris goût !

- Et vous allez vous y prendre comment pour me transformer en chat domestique ? Parce que moi, je ne vois pas une grande différence, entre un chat domestique et un chat du bord, ce sont tous deux des chats de gouttière, demanda le Chat soupçonneux. 

- Savez-vous qu’au 21e siècle on ne parle plus de chats de gouttière, mais d’européens, répondit la Fée.

- Certes ça fait plus chic, mais ça ne change rien, pour le moment nous sommes au XVIIe siècle et  je ne sais pas du tout comment on appelait les chats ordinaires à cette époque !

- Mon Dieu que tu es snob, mon pauvre Chat, dit la Fée qui avait du mal à garder son calme. C’est pourtant tout à fait simple, chat ordinaire ou pas, nous supplierons M. de Champlain de te donner à Isabelle car elle  s’est prise d’affection pour toi. Je suis sûre qu’il n’y verra aucun inconvénient… On ne peut rien refuser à une pauvre orpheline si charmante !... Il ne leur restera plus qu’à trouver un autre chat.

- Parce que vous pensez qu’on va se passer de moi comme ça sur le bateau ?  demanda le Chat.

- Il faudra bien « qu’on se passe de toi » comme tu le dis si bien, répondit la Fée,  car tu dois nous accompagner. A moins que tu ne te désintéresses définitivement de ta mission ?

- Je vous vois venir avec vos gros sabots de Fée,  ce n’est pas la peine de prendre « l’air de ne pas avoir l’air ». Ca ne marche pas avec moi, dit le Chat d’un ton méfiant.

J’aimerais bien que, de temps en temps, on me demande mon avis dans cette aventure et j’aimerais aussi qu’on se souvienne que je suis à l’origine de ce voyage.

- Certes, mais sans moi, précisa la Fée, vous seriez en train de vous demander comment faire  pour remonter le temps, si je puis me permettre de vous le rappeler.

- Après un silence elle ajouta gentiment :

- Nous devrions cesser de nous disputer une fois de plus pour des bêtises.

Pour notre ami le Chat, nous trouverons bien une solution.  Pour le moment la seule urgence est de vérifier que Fleur de Lune est bien devenue cette jeune Isabelle Hébertet qui se réjouit de rencontrer bientôt ce père qu’elle ne connaît pas.

- Vous avez raison si c’est urgent il faut le faire, même si, au demeurant, ceci n’a rien à voir avec notre mission, dit le Chat en regardant la Fée avec insistance, avant de se recoucher tranquillement, en rond sur les genoux de Fleur de Lune. 

- Je te vois venir, avec tes grandes bottes de sept lieux, qui ne sont pas des gros sabots, mais presque, dit la Fée en riant…. Cette affaire a quelque chose à voir avec notre mission puisqu’elle  nous permet de rechercher Guillaume sans éveiller de soupçons sur notre identité.

Nous allons donc continuer notre examen de passage, ma petite Isabelle, reprit la Fée en s’adressant à Fleur de Lune. Dis-moi ce qu’il est advenu de ta maman et de ta grand-mère après la mort de ton père.

-  La pauvre petite Elise, ma maman,  n’avait que dix ans, répondit la fillette. Ma grand-mère était veuve et ruinée. Heureusement, elles furent  toutes deux recueillies par des cousins pendant plusieurs années…


 A suivre…



Que sont devenues la maman et la
grand-mère d’Isabelle ?

Comment Elise a-t-elle rencontré M. Hébertet ?

Que s’est-il passé à la naissance d’Isabelle ?

Vous aurez peut-être la réponse à ces questions dans la prochaine bouteille à la mer qui arrivera le 28 mai…


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