L'oncle Provençal de Samuel de Champlain...

Publié le par Olga Forest



Connaissez-vous ce drôle de personnage appelé Guillaume Allène suivant les uns, Ellène ou Helaine suivant les autres, oncle de Samuel de Champlain, plus connu sous le nom de « l’oncle provençal » ?

 

          Quand on interroge les moteurs de recherche on trouve peu de renseignements sur lui. Champlain en parle dans ses mémoires, mais sans doute par respect et affection, il reste très évasif…

 

          

Pourtant le nom de « Provençal » m’a donné

envie d’en savoir plus, car je vis en Provence depuis

près de quinze ans ! Ordinairement, quand il s’agit

de  Samuel  de Champlain et  de ses expéditions

vers la Nouvelle-France tout nous ramène à

Brouage, Honfleur et La Rochelle, ce qui est bien normal puisqu’il serait né à Brouage, et qu’il embarqua alternativement à Honfleur et à La Rochelle.  

   
                 Ne voulant pas en rester là, j’ai donc poussé mes investigations et j’ai fini par  trouver quelques informations…et reçu de mon nouvel et pourtant fidèle ami le
Vieux Chnouk des éléments importants qui me manquaient en particulier l'éta civil de l'oncle provençal. Il s'agirait de Guillermo Eleno alias Guillaume Helaine, captain Provenzano ou captain Provençal. Le dit Guillaume Allene serait bien natif de Marseille. Il est fils de Antoine Allene et de Gassin Andriou.  Or dans un document trouvé à Brouage daté du 3 aout 1600 retrouvé dans les archives espagnoles de Bigneras, il se prétend natif de cette ville, alors qu'il n'en serait que résident. Peut-être que demeurant à Brouage depuis 16 ans il préféra occulter ses origines marseillaise pour mieux s'intégrer. En revanche on n'est pas arrivé à établir un lien de parenté avec Champlain, mais peut-être qu'un généalogiste éclairé le trouvera un de ces jours.

               Pas très recommandable, l’oncle Guillaume, mais excellent  navigateur en mer et…. en eaux troubles. Il a formé Champlain au métier de « marinier » comme on disait à cette époque

 et l’a emmené  avec lui dans ses voyages, en particulier aux Indes Occidentales. C’est là que notre futur grand homme a pu se faire une
idée assez précise de la colonisation que pratiquaient à l’époque les

espagnols qui organisaient ces expéditions.

Il semble qu'il n’oublia jamais comment furent traîtés les autochtones !

Mais revenons-en à « l’oncle Provençal » qui fut capitaine, flibustier et malin en affaires  !...

                   On le décrit comme : « …cachottier, peu scrupuleux, ambitieux, menteur, vantard, assez souvent hors la loi et sans trop d’honneur et de principes, voleur puisque corsaire… » et j’en passe ...

 



                   Je l’imagine bien, ce drôle de pirate et je pense que malgré tout, il a apporté à son neveu plus que l’amour de la mer et le sens du commerce. Peut-être fut-il justement l’exemple à ne pas suivre. Ce qui ne retire rien à l’affection et à la reconnaissance que lui portait Champlain qui le soigna comme un  fils quand il tomba malade. Guillaume,  mourut  à Cadix.

 

              "L’oncle", comme  Champlain l’appelle dans ses mémoires, laissa à son neveu un important héritage, en particulier un domaine à Brouage avec beaucoup de terres. Ce bien avait pour nom  « l’Hacienda »,  en référence sans doute à ses séjours au Mexique. Devenu riche, Champlain fut admis parmi les notables de la ville et se fit d’importantes relations qui l’aidèrent à réaliser ses projets de voyages.

 

Vous trouverez dans les différents sites que je vous invite à   compulser, des informations à ce  sujet.

Vous en trouverez aussi  dans ceux que m’a conseillé notre ami le Vieux chnouk   qui est spécialisé dans l’Histoire du Canada.

 

Au travers de tout ce que lirez,vous vous apercevrez que les jugements sur notre grand homme sont bien différents d’un site à l’autre. Pour ma part je n’ai pas
envie  de le considérer comme un dissimulateur et un opportuniste, sans parler d’autres défauts, que certains lui attribuent si facilement. Je suis toujours  étonnée de la facilité avec laquelle on s’évertue à déboulonner à longueur de pages,  les mythes et les statues.

 

Moi, j’ai de l’amitié pour ce  Samuel de Champlain, si attachant,  qui s’est installé, jour après jour,   auprès  des personnages sortis de mon imagination et qui veille sur eux, comme il a du veiller sur ceux dont il était responsable.


Le site  dans lequel j’ai trouvé le plus de détails
sur « l’oncle provençal  est  :

  http://members.tripod.com/~Ahura_Mazda/mkschap8.html 

Après avoir attribué à Champlain, commes’il s’agissait d’une certitude, la paternité du « Brief discours » - ouvrage   dont beaucoup d’historiens pensent qu’il n’est pas l’auteur – et  après l’avoir  montré parfois comme un personnage empreint d’une grande  dualité et assez peu sympathique, le long article  de ce site,  offre une conclusion qui me semble plus proche du personnage  et qui me plaît bien, je cite :

 
…Champlain nous montre d’une part  un   esprit critique et souvent judicieux,

pragmatique doublé de qualités de tolérance

 

et de compromis, un homme foncièrement bon, honnête,
juste et persévérant
qui recherche constamment la vérité,
méprise la vanité et les insolences et sait s’apitoyer
sur le sort des petits, des faibles et des laissés
pour compte… 

 

N’oublions pas que sans Samuel de Champlain, François Dugas de Monts et Pierre Gravé de Pont, dit Pont Gravé, la colonisation de l’Amérique du Nord n’aurait peut-être pas été seulement « commerciale » ! Elle aurait sans doute été  aussi sanglante que beaucoup d’autres. Jacques Cartier n’eut pas autant de délicatesse ! Attention, je n’accrédite pas la colonisation, sanglante ou non,  je constate.

 

Champlain fut en son temps le moteur d’une relation nouvelle et amicale, sans condescendance, avec les nations amérindiennes parce qu’il avait le respect des autres et de leurs différences de culture et de religion.  Certains de ses propos de « bon catholique » du XVIIème, peuvent choquer à présent, bien qu’il fut par le passé, partisan de la Ligue et de Henri de Navarre, futur Henri IV. Mais faut se remettre dans le contexte de l’époque.

Beaucoup lui ont reproché d’avoir choisi d’aider les Algonquins et les  Hurons ou Wendatts, ses amis, face  aux Iroquois qui avaient pris le parti des Hollandais, entre autres. Mais c’est oublier que Samuel de Champlain  a  su,  par la suite, limiter les guerres entre nations autochtones.

     
 

Je n’ai sûrement pas fini de vous parler de ce personnage, il est dans toutes les pages de notre petite Saga et fait partie de ma vie de tous les jours depuis un an et demi. Mais j’aimerais qu’après vous être documenté, vous  puissiez oublier tous les choses négatives que certains disent de lui,  pour ne garder que  le meilleur de cet homme charismatique et courageux auquel nous devons d’avoir des cousins au Canada et des amis Amérindiens....

un autre site de référence :

http://www.cyberacadie.com/Biographie/f1_samuele_champlain, un autre site de référence pour l'oncle provençal




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Violleau Mireille 03/12/2016 09:29

J'habite québec , pour votre information il y a une série télévisée de 5 émissions sur la vie Samuel de Champlain,faites conjointement des historiens québécois , français et Anglais. Ceci je l'espère rétablira votre jugement sur Samuel De Champain.